Année 2016

 

       SUIVI ORNITHOLOGIQUE 2016

Didier Sénécal (CRBPO) 

Nidification

  • Les pluies diluviennes du printemps ont dû entraîner de nombreux abandons ou destructions de nichées chez les espèces non-cavernicoles. Mais le STOC-Capture indique que les pontes de remplacements et les secondes pontes ont permis à des oiseaux aussi peu protégés contre les intempéries que le Rougegorge, le Pouillot véloce ou la Fauvette à tête noire de produire beaucoup de jeunes. En fait, si l’on compare 2016 aux neuf années précédentes, on constate que la reproduction a été retardée d’environ trois semaines pour quantité d’espèces de passereaux.
  • Le Canard chipeau a niché pour la quatrième année consécutive : une femelle adulte et cinq canetons âgés d’environ un mois sont observés le 30 juillet. A noter également la reproduction de la Pie-grièche écorcheur, du Tarier pâtre, de plusieurs couples de Grèbe castagneux et de nombreuses Foulques macroules.

 

Migration

  • Le programme PHENO a été mis en œuvre du 1er août au 6 novembre. Les effectifs sont maigres durant les cinq premières semaines, comparables aux années précédentes ensuite. Si la quantité n’est pas au rendez-vous, elle est compensée par la qualité. Ainsi, deux Rousserolles effarvattes baguées dans des contrées lointaines sont contrôlées dans le marais : un adulte suédois le 17 août et un juvénile néerlandais le 30 août.
  • Une autre donnée de baguage remarquable confirme les liens entre Larchant et la Scandinavie : un Accenteur mouchet juvénile avait été bagué au marais le 19 octobre 2014 ; il s’est tué contre une vitre le 10 avril 2016 à une trentaine de kilomètres au sud d’Oslo.

Plusieurs grands retours

  • La hausse du niveau d’eau rend le marais de plus en plus attractif, et des migrateurs aussi prestigieux que le Héron pourpré ou le Balbuzard pêcheur recommencent à séjourner sur place pendant quelques jours, voire plus d’une semaine.
  • Le 19 octobre, une femelle de Bouscarle de Cetti est capturée, puis elle chante brièvement après sa libération. On peut donc espérer voir se réimplanter une petite population après des années d’absence
  • Autre réapparition le 19 octobre, celle de la Pie-grièche grise, après trois ans d’absence. Elle est observée à de multiples reprises au cours des deux mois suivants.
  • Le cas du Busard des roseaux est encore plus prometteur. Un mâle est noté plusieurs fois durant l’été, puis une famille entière (un mâle, une femelle et au moins un juvénile) à la fin du mois d’août et au début du mois de septembre. Il n’est pas complètement exclu que la nidification ait eu lieu à l’extrémité orientale du marais, dans un secteur masqué par les peupliers. Quoi qu’il en soit, la plus grande vigilance sera requise l’an prochain.

 

Une nouvelle espèce

  • Pour l’anecdote, la 166e espèce contactée dans le marais depuis 2001 est un Mandarin d’Australie (nommé communément « mandarin diamant »). Un oiseau de cage d’une vigueur étonnante, puisqu’il a parcouru au moins 500 mètres en ligne droite au-dessus des roseaux, comme s’il avait passé toute sa vie à foncer comme un avion de chasse…